Auteur : Hillenweck Pierre pour le Nizinny Club de France

L’allergie est une réaction immunitaire anormale de l’organisme à la présence d’une substance, en général une protéine, qui n’est normalement pas nocive. On appelle allergène cette substance capable d’induire ce type de réaction. 

Il n’est pas rare de voir nos bergers polonais se gratter, se manger frénétiquement le bout des pattes. Nos chiens ne sont  hélas pas insensibles aux allergies. et comme pour nos enfants, dans un monde de plus en plus industrialisé qui oublie trop souvent ses fondamentaux, on constate une augmentation non négligeable du nombre de chiens atteints. 

Au travers de cet article nous allons essayer de faire un point rapide sur les causes et donner quelques pistes sur les traitements possibles en fonction des cas.

La communauté vétérinaire distingue quatre grands types d’allergie  que nous allons passer en revue ci après.

L’allergie aux piqûres de puces ou DAPP.

 La dermatite allergique aux piqûres de puces  est une réaction exacerbée à de simples  puces entraînant de fortes démangeaisons.

La contamination s’effectue essentiellement par contact avec l’environnement immédiat du chien, rarement d’un sujet à un autre. Le chat est par contre un vecteur de contamination de par son vagabondage extérieur.

La DAPP se manifeste chez le chien par de fortes  démangeaisons notamment localisées sur le triangle dorso-lombaire, pointe au milieu du dos et base en région des fesses et de la queue. L’excès de grattage ou de léchage peut provoquer la perte de poil et l’apparition de boutons, plaies, pyodermites.

Le traitement s’effectue sur trois axes. 

guérison des plaies : calmer l’inflammation grâce à des shampoings, l’application de lait dermatologique et si nécessaire dans les cas les plus graves administration de cortisone sur une courte durée.

Elimination des puces tout d’abord sur le chien par un antiparasitaire approprié, ou, comme nous l’a conseillé un vétérinaire de bons sens, trempage du chien pendant 20 mn dans la baignoire pour tout simplement noyer les puces …

Eviter la ré infestation en prenant soin de traiter l’environnement immédiat du chien.

Dans les cas de ré infestation il faut plutôt chercher la cause dans cet environnement que de soupçonner l’inefficacité des produits. 

Les allergies  alimentaires.

Ces allergies ont pour origine une intolérance aux aliments ou à une catégorie d’aliment ingérés. On recense plus particulièrement des allergies à certaines protéines contenues dans le lactose, la viande de boeuf, produits d’origine laitière .. Elles provoquent une réaction immunitaire de l’organisme et se manifestent par des troubles digestifs et cutanés.

Il ne faut pas confondre l’allergie alimentaire issue d’une réaction immunitaire avec l’intolérance alimentaire qui est une réaction digestive suivie de diarrhées et vomissements du sujet.

Les allergies se constatent en général sur des animaux de plus de six mois soumis à des régimes invariants par accumulation et sensibilisation chronique de l’organisme. Toutefois des intolérances aiguës peuvent être observées chez certains sujets quelques heures après l’ingestion.

Elles viennent souvent compliquer une allergie atopique et sont associées à d’autres intolérances.

Sur le plan digestif, la paroi de l’intestin est enflammée, ce qui provoque des diarrhées parfois chroniques.

 Les manifestations cutanées se traduisent par des grattages fréquents des oreilles ou le léchage frénétique et anormal  des pattes.

Ces démangeaisons, si elles ne sont pas traitées peuvent s’accompagner d’excémas, champignons et autres dermites prurigineuses (otites externes, …)

La mise en évidence de ces allergies s’effectue par l’adoption d’un régime d’éviction pendant plusieurs semaines. 

Il consiste à distribuer un aliment à base de deux composants hypo allergéniques par exemple de la viande de cheval ou du poisson associés à des pommes de terres ou du tapioca. En tout état de cause on abandonne l’alimentation industrielle pour une durée de 10 à 12 semaines.

SI le résultat est positif, on réintroduit petit à petit d’autres composants alimentaires  pour déterminer les intolérances du sujet.. 

Par la  suite on peut tenter de réintroduire des croquettes hypo allergéniques, rester sur une alimentation traditionnelle ou adopter un régime mixte qui convient au sujet.

Les allergies de contact.

Les dermites de contact sont bien plus fréquentes chez l’homme que chez le chien, la présence du poil faisant office de protection.

Elles sont provoquées par contact direct de la peau avec un allergène.

Elles revêtent soit une forme aiguë, soit une forme chronique (allergique).

Dans le premier cas il y a une réaction presque immédiate ‘de quelques minutes à 24h.

Elles peuvent être provoquées par l’utilisation de shampoings inadaptés, de détergents agressifs en usage exceptionnel, de colliers ou spot antiparasitaires auquel le chien va réagir. Les chiens sont parfois très réactifs à certaines pipettes …

Dans un autre domaine elles sont successives à  un contact fortuit avec des éléments naturels extérieurs tels que

  •  les orties et autres plantes allergènes, notamment les jeunes orties de printemps activées par la rosée
  • les chenilles urticantes plutôt situées dans le sud du pays bien que le phénomène, lié au réchauffement climatique,  couvre de plus en plus de territoires  …
  • les aoûtats et autres acariens
  • les piqûres d’insectes, 

Leur manifestation se traduit par de fortes démangeaisons des zones irritées. Par exemple le cas du chiot qui se mord les pattes en hurlant, du chien qui lèche ou gratte une zone précise du corps alors qu’il ne le faisait pas quelques minutes auparavant.

Le traitement relève tout d’abord de la recherche et l’élimination de la cause, bien souvent soupçonnable sur délai court. Ensuite un bon rinçage pour tenter d’éliminer le plus possible d’allergènes que le poil peut retenir.  

Enfin le traitement vétérinaire par l’usage parfois de corticoïdes, d’insecticides complétés si nécessaire par des antibiotiques sur des prurits aggravés.

Dans leur forme chronique elles apparaissent souvent par contact prolongé des zones glabres avec l’allergène. Ce seront particulièrement celles liées au ciment et par extension provoquées par les allergènes résidant ou utilisés dans l’environnement de vie du chien.

La dermite atopique

C’est un problème chronique qui dure souvent toute la vie de l’animal. Il se caractérise par une prédisposition à développer des allergies (aux aliments, acariens, pollens …) et une peau anormale qui ne remplit plus sa fonction de barrière protectrice.

L’origine génétique est clairement reconnue. Les symptômes apparaissent plus couramment chez des sujets entre un et six ans bien que des manifestations plus précoces puissent être constatées.

Les premiers symptômes se manifestent par des otites ou pododermites (provoquées par surléchage des pattes) voir l’apparition de dermites infectieuses récidivantes liées à des bactéries ou champignons.

Le diagnostique se pose tout d’abord par élimination des autres causes possibles d’allergies, notamment celles d’origines parasitaires et alimentaires. La seconde étape consiste à rechercher le ou les allergènes en cause par des tests cutanés ou sanguins.

L’atopie prédispose souvent le sujet à d’autres types d’allergies, notamment alimentaires et parasitaires. Aussi il convient d’envisager l’adoption d’un ensemble de mesures conjointes pour en venir à bout.

Le traitement consiste à éliminer les sources en cause, notamment dans le cas d’intolérance alimentaire, ou de rétablir la tolérance à l’allergène en pratiquant des séances de désensibilisation.

La désensibilisation si elle est appliquée à bon escient est efficace. Elle sera effective souvent dans un délai au delà de six mois.

Dans le cas d’allergies atopiques, on doit s’attendre à gestion de longue durée voir toute la vie de l’animal plus qu’à un traitement spontané que l’on réservera en cas de poussées aiguës . Il faut donc rechercher un point d’équilibre entre les différents modes d’actions possibles et la réaction du sujet. En bref, trouver la solution pour que le chien vive son allergie dans les meilleures conditions.

Et nos bergers polonais là  dedans …

Il subissent de manière plus ou moins marquée en fonction de la lignée et du contexte environnemental tous les types d’allergies cités ci dessus.

Heureusement, le nombre de chiens allergiques reste minoritaire ramené au nombre de sujets produits.

Toutefois, les diagnostics révèlent souvent des allergies atopiques et dans une moindre mesure des allergies alimentaires ou autres.

Il y a donc lieu de surveiller les lignées de production et notamment le nombre de produits allergiques d’une descendance. En effet, si des croisements produisent sur plusieurs portées des sujets allergiques, il faudra songer à écarter de la reproduction les géniteurs supposés transmettre ces problèmes.

En tout état de cause il n’y a pas péril en la demeure au point d’effectuer une sélection drastique, les éleveurs doivent être conscients du problème et veiller à ne pas propager l’affection sans discernement.

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